jeudi 4 avril 2013

Calendrier du Bon Jardinier de 1947 : avril ...

Le Calendrier du Bon Jardinier de 1947 est signé Eugène Laumonnier et Maurice Marcel 


Selon la marche de la végétation ce mois est souvent placé entre la première et la deuxième période du printemps. Cette période est caractérisée par la feuillaison du Hêtre et du Peuplier noir (Peuplier pyramidal pour nos jardins), la floraison du Groseillier à grappes et du Lilas. Par sa climatologie spéciale, avril doit être considéré comme un mois de surveillance très suivie pour les cultures sous verre (aération et ombrage), et pour les multiplications en pleine terre (arrosages, bassinages et protection contre les gelées blanches).
Potager.
 TRAVAUX GÉNÉRAUX. — Terminer la plantation et le buttage des Asperges. Œilletonnage des Artichauts. Terreautage et paillage des plantations. Dernières récoltes en cave de Pissenlits, Barbe de Capucin, Witloof. Sortie des fumiers, composts, nettoyage et désinfection des caves et serres à légumes.
SEMIS EN PLEINE TERRE. — Continuer jusqu'à la fin du mois les semis de Pois en recherchant les variétés résistant à la chaleur et aux maladies. Dès la floraison du Lilas commun (Syringa vulgaris Linné) plantation générale de Pommes de terre pour la conservation hivernale. Renouveler tous les semis du mois précédent pour assurer une succession de récoltes.
Dans la dernière décade, lors de la floraison de la Chélidoine Grande Éclaire (Chelidonium majus Linné), on peut commencer les semis de Haricots en plein carré. Pour ces premiers semis choisir les variétés à évolution rapide pour filets verts.
SEMIS SUR COUCHE. — Aubergines, Cardons, Chicorées frisées, Concombres, Melons, Piments et quelques légumes de collection : Alkékenge, Baselle blanche, Cresson de Para, Fenouil de Florence, Ketmie comestible (Gombo) et Tomates pour culture retardée. Bouturage de Patates douces et mise en place de la première saison sur couche ayant déjà servi (couche de retourne).


Physalis alkekengi

Forçage.
 Pinçage des Pêchers et éclaircissage des fruits. Pinçage et palissage des Vignes forcées. Ciselage du raisin. Nettoyage et paillage à la paille de seigle des Fraisiers de culture hâtée. Taille et plantation de Melons. Remaniage des réchauds et montage de couches à Melons. Pinçage et palissage de Tomates et de Concombres. Plantation sur couche de jeunes plants d'Ananas. Diminuer progressivement le chauffage dans la bâche de fructification. Augmenter les arrosages et les bassinages selon la température. Ombrage au lait de chaux des bâches à Ananas et suppression des œilletons des pieds qui se préparent à fleurir, ne garder que ceux nécessaires à la multiplication. Distribution d'engrais liquide aux cultures en pots. Fin de la culture forcée des Haricots verts.

Fruitier et verger.
Terminer le plus rapidement possible la taille des Poiriers, Pommiers et Pêchers. Achever la pose des auvents et des toiles sur les arbres en espaliers. Échenillage. Traitements à la nicotine contre les différents pucerons. Tuteurer les jeunes arbres plantés et placer au pied un bon paillis de fumier à demi décomposé. Commencement de l'ébourgeonnage. Taille des Figuiers. Surgreffage des arbres stériles. Surveiller au fruitier les derniers fruits et les grappes de raisin restées dans la chambre spéciale. Sondage du sol et étude sur place des nouveaux emplacements à planter en arbres fruitiers à l'automne prochain.
Pépinières. — Taille des Poiriers, fuseaux de 3 ans. Cerisiers, tiges. Noyers, etc. Repiquage en cotylédons de Pruniers St-Julien, Cerisiers Ste-Lucie, amande à coque dure. Terminer les semis de pépins : amandes et noyaux stratifiés. Terminer les greffages de rameaux et les bouturages de rameaux non feuillés. Rigolage du petit plant de Cognassiers de Fontenay. Épandage de fumi3r court en couverture sur les planches de repiquages. Rabattage des Pêchers greffés. Ébourgeonnage. Dressage d'arbres pour cultures en pots. Préparation des baguettes pour le dressage des arbres palissés. Fin des labours. Mise en état des chemins.


Echenillage :
La destruction des nids de chenilles pour protéger jardins et cultures est prescrite par la loi depuis plus de deux siècles. Pendant tout le Moyen Age, et même encore au XVIe siècle, on a fait de véritables procès aux insectes nuisibles devant les tribunaux religieux (officialités), pour les condamner à disparaître des champs infestés, tout comme on a fait le procès à des truies qui mangeaient les bébés dans leur berceau. En 1516 encore, l'official de Troyes nommé Jean Milon, ordonne aux urbecs (les rhynchites) des vignes d'abandonner le terroir de la paroisse de Villenauxe (Aube) sous peine d'excommunication. Satisfaisante sur le plan religieux, cette méthode n'était guère efficace et les paysans se trouvaient fort démunis devant les ravages de ces insectes et de leurs larves. Or, 1730 fut une année très chaude et très sèche, et les insectes pullulèrent. Au printemps 1731, les chenilles se mirent à se multiplier, dévorant les feuilles des ormes, des tilleuls et des chênes. En août, les papillons pondaient leurs oeufs sur les rameaux et, peu de temps après, des milliards de chenilles dévoraient les dernières feuilles avant de se retirer dans leurs ' bourses ', appelées aussi ' poupées ', pour passer la saison froide. Les paysans craignaient qu'au printemps ces chenilles prolifèrent à nouveau et dévorent non seulement les bois, mais aussi les jardins, les arbres fruitiers, les vignes et même les blés. Ils s'adressèrent aux autorités, en particulier aux intendants (nos préfets de région) pour qu'ils ordonnent un échenillage général des arbres et des haies. A titre individuel, certains exploitants avaient déjà échenillé l'année précédente, mais le travail était peu efficace quand tous les voisins n'en faisaient pas autant. De même, le lieutenant de police de Paris avait aussi prescrit la destruction des insectes dans les boulevards, les allées et les jardins de la capitale. A Orléans, à Rouen, des ordres semblables avaient été donnés, sans grand résultat. Il faut souligner aussi que, dès l'époque de Louis XIV, l'échenillage était déjà pratiqué dans les parcs royaux. Ce qu'il fallait, c'était pour la France entière, ordonner un échenillage général des arbres, des arbres fruitiers, des haies et des buissons, bref de tous les végétaux que l'homme pouvait atteindre avec des échenilloirs, nommés aussi chenillères ou ébranchoirs. Il était proposé que chaque paroisse ait l'obligation de posséder un de ces instruments, que l'échenillage se fasse sous la responsabilité du syndicat (maire) et que tous les hommes valides, même non propriétaires, soient astreints à cette tâche. Le 4 février 1732, le Parlement de Paris rendait un arrêt qui ordonnait aux propriétaires et aux locataires d'écheniller dans la huitaine les arbres qui croissaient sur leurs héritages, domaines, cultures et jardins, à peine de 30 livres d'amende (2 mois de travail d'un journalier) et de la responsabilité pleine et entière pour les dommages et intérêts que pourraient réclamer les voisins lésés. Les ' bourses et toiles ' retirées des branches, haies, buissons, taillis, cultures devaient être brûlées dans un lieu isolé ' où il n'y aura aucun danger de communication du feu ', à plus de 500 toises (environ un kilomètre) des maisons, des bois, des landes, des bruyères etc. L'injonction fut assez bien reçue, bien qu'on ne puisse écheniller les arbres les plus hauts ni ceux des forêts, pas plus que les haies qui étaient ' fortes comme des remparts '. Quant à l'efficacité de la mesure, elle dut être assez faible et les résultats très variés ; seules des conditions climatiques défavorables aux insectes et à leurs pontes pouvaient donner des résultats. Le nombre des chenilles ayant diminué, des mesures semblables furent à nouveau édictées en 1738 et en 1744. Un journal économique, en avril 1756, proposa sérieusement de graisser le pied des arbres avec de la vieille graisse, de secouer ensuite les branches et d'empêcher ainsi les chenilles de grimper à nouveau dans les branches. La Révolution n'oublia pas cette question puisque, depuis plus de deux siècles, la loi prescrit toujours l'échenillage comme elle prescrit la destruction du gui. L'obligation d'écheniller a été renouvelée en 1791, en l'an IV, en 1850, en 1871, en 1888. Aujourd'hui, les traitements appliqués par les arboriculteurs, les jardiniers et les vignerons limitent considérablement le pullulement de ces prédateurs.
(Marcel Lachiver, L'échenillage des arbres, 2001)
Echenilloirs et autres outils de taille et d'élagage


Jardin d'agrément.
 TRAVAUX DE PLEINE TERRE. — Les plantations d'arbres et d'arbustes sont terminées, excepté celles de Conifères et d'arbustes de terre de bruyère. La reprise est au besoin accélérée par des bassinages et même d'arrosages.
Si la première tonte des gazons n'a pas été faite en mars, il y a lieu d'y procéder; un roulage surtout recommandable en terrains légers fera taller les herbes. Vers le 10 avril les semis de nouvelles pelouses devront être terminés surtout si l'on n'a pas la possibilité d'arroser.
Les plantes annuelles semées sur place en mars, seront éclaircies, celles semées en pépinière seront repiquées, des semis tardifs vers la fin du mois permettront d'obtenir des floraisons plus tardives, quelques-unes craignant la gelée ne seront semées sur place que vers la fin du mois (Capucines).
Les plantes bulbeuses telles que : Glaïeuls. Montbrelia, Tigridia, seront mises en place.
Les massifs défleuris de plantes bisannuelles seront arrachés. Les espèces de plantes vivaces se reproduisant facilement par semis comme Ancolie, Coreopsis, Lupin, etc... seront semées en pleine terre.

CHASSIS. — L'écimage de certaines plantes molles bouturées les mois précédents, permet de faire une dernière saison de boutures :Achyranthes, Ageratum, Alternanthera, Coleus, etc...
Mise en végétation à froid des tubercules de Dahlia. Les plantes annuelles seront repiquées sur vieille couche.

SERRES, BACHES ET ORANGERIE. — Le chauffage devient presque inutile, l'aération, les bassinages et arrosages ont augmentés graduellement. Les plantes sont espacées au fur et à mesure de leur croissance. Les semis, bouturages, pincements se poursuivent; les plantes devant passer l'été en plein air sont mises en serres tempérées ou froides pour assurer leur aoûtement; les plantes d'orangerie sont au besoin rempotées.

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