lundi 2 mars 2015

Le dernier refuge du rêve ...

Nos contemporains, tels des enfants blasés, se fatiguent vite de l'immense joujou mécanique dont la science les a dotés. En dépit de multiples commodités et agréments, ils cherchent à s'évader d'une vie de plus en plus fiévreuse, angoissante. De là le goût des sports de plein air - golf, tennis, ski - le goût du jardin, dernier refuge du rêve, cadre idéal de repos, de sérénité et de joie. Plus peut être que dans la maison il est loisible d'y réer l'irréel pour l'oubli de tous nos cauchemars modernes : les débouchés, la baisse, la crise et le reste. Évidement, à notre époque de grande pénitence, nous ne pouvons chercher ni l'étendue ni le luxe. le jardin tel que nous le comprenons maintenant est une subtile oeuvre d'art réalisable par des moyens tellement simples que nos "super modernes" dépassent la mesure, nous encouragent même à vivre dans des cubes standards posés sur l'herbe. Rien sur les murs, rien à l'intérieur des murs, rien hors les murs. Heureusement, nous n'en sommes pas encore là, mais on ne peut nier une certaine tendance. Alors que les citadins exténués de travail ont soif de campagne, les cultivateurs abandonnent la terre pour émigrer vers les administrations et les usines. Ce double courant explique toute l'évolution du jardin moderne. Il y a de plus en plus de propriétés d'agrément et de moins en moins de jardiniers. On admet encore de faire un sacrifice d'argent pour avoir d'un seul coup et rapidement un cadre agréable, mais on recule de plus en plus devant les difficultés d'entretien. On cherche donc à avoir des jardins sans "entretien". C'est pourquoi l'architecture joue un très grand rôle, un peu hélas! au détriment des fleurs, ces adorables fleurs aimées qui vous rendent esclave d'un personnel devenu difficile et introuvable. Or, aujourd'hui après les soucis d'affaires, on vient à la campagne pour, avant tout, "avoir la paix". Les temps ne sont plus où le seigneur à haute canne se promenait au milieu de toute une armée de jardiniers bêchant, sarclant, plantant une multitude de buis, d'arbres taillés ou de fleurs pour composer en commun de somptueux tapis. on ne cherche  plus comme au grand siècle à prolonger à l'infini l'ampleur de son domaine. Évolution sociales, lourds impôts vous obligent au contraire. On se resserre. On a le goût de l'effacement. Volontiers on mettrait son bonheur entre  dehautes murailles, loin de tous les regards indiscrets, ou bien, tels les simples, on vivrait inconnu en bordure d'une prairie avec deux pots de géraniums à sa fenêtre. Nous oscillons provisoirement entre le besoin de nous restreindre et le désir fou de jouir au maximum d'une vie beaucoup trop courte. Si les jardins de l'ancien régime ont été sacrés " jardins de l'intelligence" ceux d'aujourd'hui pourraient être baptisés les "jardins du sentiment ou de l'amour" Dans ce domaine, comme il convient, les femmes sont reines. Comme rien n'est fait de rien, ces jardins s'apparentent avec ceux créés par les civilisations sensuelles qui successivement brillèrent autour de la Méditerranée, en Perse, à Rome, au Maroc, en Espagne. Ils sont raffinés avec un mélange constant d'architecture, de végétation et d'eau. Suivant l'endroit on utilise des matériaux plus ou moins riches. Les allées sont en marbre, en faïence, en galets, en gazon, mais l'esprit est toujours le même.

(Albert laprade, Idées générales sur le jardin moderne, L'Illustration, 28 mai 1932)

Projets Laprade et Bazin - Architectes
Albert Laprade - Jardins  de Monsieur de Fels à la Muette et de Madame de Ligne, rue de Grenelle 
Deux exemple de jardins conçus pour éviter tout entretien
 " Ces deux parterres sont presque entièrement en gravier rouge pour obvier à l'absence de fleurs, les réceptions, à Paris ayant lieu surtout en hiver"
Jean Claude Nicolas Forestier - Jardin d'inspiration mauresque, 
propriété de M. Joseph Guy à Béziers 
 Photographie Roger Schall - Jardin de Monsieur Jacques Rouché - 
Paul Vera et Charles Moreux
On ne peut pas dire qu'il soit en pleine forme notre ami Albert Laprade ... J'aime bien les pessimistes ... j'aime les jardins de cette période ... Avec toutefois un petit bémol pour les jardins "tarte-à-la-crème-rond-point-avant-l'heure" de Laprade et Bazin ... 

vendredi 27 février 2015

Un jardin, combien de vies ? ...

Aménager des bureaux dans un silo (Carta à Marseille), une fac dans des grands moulins (Ricciotti à Paris), un musée dans une centrale électrique (Herzog et de Meuron à Londres). Créer un centre d'art dans une biscuiterie (Bouchain à Nantes), un espace-commercial dans une usine automobile (Piano à Turin), un centre chorégraphique dans d'anciens bureaux (Robain et Guieysse à Pantin)... Depuis 2000, après des décennies de « rénovation-bulldozer», architectes, élus et aménageurs penchent heureusement de plus en plus pour la transformation et la réaffectation du bâti industriel, même assez banal, pour peu qu'il tienne debout. Avec une centaine d'exemples de réhabilitations heureuses menées en France, en Europe, et sous d'autres latitudes, cette exposition démontre, photos et maquettes à l'appui, toute la pertinence de ce type de démarche. Garder la trace de l'usine ou de l'entrepôt du coin de la rue, c'est d'abord ne pas renier leur histoire, ni oublier ceux qui y ont travaillé. Rénover plutôt que démolir, c'est aussi éviter un gâchis de matériaux et des centaines de camions de gravats. Surtout, travailler ainsi sur l'existant oblige les architectes à dépasser leur ego pour se glisser dans ces vieux murs à la recherche du génie des lieux. Une excellente école d'imagination et d'humilité.

 ((Luc Le Chatelier,  2015, Télérama n° 3398)

Fontainebleau ... 500 ans de permanence


Ancy-le-Franc ... 500 ans d'humilité


Champs-sur-Marne - 300 ans  d'imagination
On vous le répète constament ... Toutes les problématiques se retrouvent dans les jardins ... Celle-ci - La transformation comme acte de création- ... Grosso modo, les jardiniers la prêchent depuis 500ans ...



Un bâtiment, combien de vies ?
La transformation comme acte de création
Cité de l'architecture et du patrimoine
17 décembre 2014 -  28 septembre 2015


lundi 23 février 2015

Années 30 ... ...

Une maison de paysan sera suffisamment égayé par une ou deux plate-bandes en gradins avec fleurs vivaces : Capucines, soucis, roses trémières ou Coquelicots. Ailleurs, le "jardin de curé" sera le complément nécessaire d'une bonne vielle maison provinciale toute modeste et sans prétention. Le potager lui-même comme au moyen âge est susceptible de concourir à un effet d'ensemble. Au lieu de le reléguer, dans bien des cas, il y a avantage à le montrer. A la campagne, il permet d'accentuer un caractère de "bonhomie" et la résultante des potager fleuris "composés" avec la maison est souvent pleine de séduction
(Albert laprade, Idées générales sur le jardin moderne, L'Illustration, 28 mai 1932)
Autochrome Léon Gimpel,  Escalier fleuri du jardin de Théoule-sur-Mer

 Escalier vert  des Colombières à Menton-  Ferdinand Bac, architecte
L'Illustration, 28 mai 1932 - Parterre moderne de motifs d'eau et de carrés de fleurs à St Jean-de-Luz - Charles Siclis Architecte
Autochrome Léon Gimpel - Le jardin d'agrément de la Villa Isola Celesta

No comment .... 

lundi 16 février 2015

L'Hermenault ...

Pour se servir de ces eaux-ci, la considération de leur situation est pour un préalable, très-requise, afin de prendre avis sur leur conduicte, présupposé que soyés asseuré de leur valeur. Car d'attirer à soi des eaux mal-saines, ou infructueuses, ne doit entrer en l'entendement d'aucun. De parler ici des eaux navigables, n'est aussi mon intention, estant ce la Nature elle-mesme qui seule ordonne sur telles matières. Ou ce seroit que pour l'abondance d'eau, la prenant en quelque bonne rivière, et par la facilité du chemin, on fut incité d'en faire le canal tant ample, qu'il suffit à recevoir des bateaux pour la débite des fruicts de la maison; à l'exemple des petites rivières de Lion, d'Esteinpes, et autres, qui se deschargent dans la Seine au-dessus de Paris.
De ces trois sortes d'eaux, la plus souhaittable est celle de fontaine, à la-quelle, seule, nous-nous arresterons, si son abondance fournit à toutes nos nécessités, pour la conduire diversement selon la diversité de ses services. C'est assavoir, partie en tuiaux clos, pour le boire ordinaire, afin d'estre nette et fresche, et partie en canal ouvert pour les moulins, arrousemens , fourniture d'estangs et semblables services. Mais si pour son impuissance, la fontaine ne peut faire que nous abbruver, et arrouser quelque peu les jardins : et elle et le ruisseau, ou son défaut la rivière, seront employés, afin d'arrouser en grand volume, et faire moudre les moulins. Or d'autant que pour la conduicte de toutes eaux, soit à couvert, soit à descouvert, le chemin doit estre préparé avec artifice requis, sera en cest endroit donnée l'addresse de faire le canal ouvert, dont l'on se sert généralement en toute sorte d'aqueducts : en attendant qu'ayant mis en évidence les fontaines sous - terraines, avec les autres soyent conduictes en tuiaux clos, ainsi qu'il appartient, et sera ci-après enseigné.
La première oeuvre, sera la remarque du lieu de la prinse de l'eau, pour la faire la plus près de vous que pourrés, à ce que moins en conste la fabrique et l'entretenement, que plus court en sera le chemin. Si le naturel de l'assiete vous contraint de prendre l'eau hors de vostre terre, acquerrés du seigneur de fief vostre voisin, le tiltre de telle faculté, par les plus asseurés moyens que treuverés par conseil : afin que sans destourbier, puissiés venir à bout de vostre entreprillse, et que pour l'avenir, muni de bon droict, jouissiés paisiblement de vostre labeur, sans crainte de l'envie, qui communément accompaigne ceux qui font bien leurs affaires. Ce fondement posé , le chemin que vostre eau a à tenir, sera finement nivelé avec le grand niveau, lui donnant tant de pente qu'il sera possible, pour vistement la faire descendre où désirés, selon qu'il est requis. Cela sera aisé, si le naturel favorise l'oeuvre: mais n'ayant à choisir de place pour la prinse de l'eau, mesnageant son chemin, la prendrés en endroit d'où justement elle puisse couler ès lieux destinés. Et moyennant que le plomb du niveau pende tant soit peu, ne doubtés que l'eau n'aille par le canal ainsi préparé. Ceci est considérable, que tant plus grande abondance d'eau y a-il, plus viste va-elle, voire ne s'arrestera nullement, bien-que le chemin n'eust aucune pente, parce qu'une eau pousse l'autre avec violence. Pour laquelle cause, plus de liberté a-on de conduire une grande, qu'une petite eau, ceste-là, allant en canal peu ou prou pendant: mais ceste-ci, ne peut découler que par chemin ayant raisonnable pente. Aussi sont à noter la largeur et la profondeur du canal, pour les mesurer, par l'eau, et par le chemin: afin que selon la grandeur ou petitesse de l'eau, grande ou petite pente du lieu, le canal se face large ou estroict, et de mesme profond. Encores que l'eau soit abondante, si elle est en lieu fort pendant, estroict canal suffira pour sa contenue: et au contraire, une petite eau estant en endroit peu pendant, requiert d'avoir le canal fort large. A la résolution de cest avis, aidera beaucoup l'imagination du service que désirons tirer de nostre eau. Car si ce sont grandes estendues de prairies ou autres terroirs, qu'en désirons arrouser: si la voulons employer en moulins de remarque: ou à la furnitnre de grands estangs , son abondance, pouvant satisfaire à ces choses, plus large et plus profond en faudra tenir le canal , que pour rnesnages de moindre importance. Qui sera pour toute mesure, dont à l'oeil, nostre père-de-famille ordonnera, par son bon sens : mettant en conte les engraissemens que charrie l'eau en temps de pluie, procédans des laveures des champs labourés, et fumés, pour n'en perdre aucuns, ains afin de les recevoir tous, faire que le canal, pour mince que soit l'eau, demeure plustost trop grand, que trop petit.
Se doit estudier, le père-de-famille, à profitablement disposer cest ouvrage, à ce qu'avec peu de despence il s'entretienne, et que non-sujet à fréquente ruine, se conserve longuement en bon estat. La prinse de l'eau en est le plus difficile article, ayant à résister à l'impétuosité des eaux, dont souventes-fois avient, qu'elle est emportée par les ravines des pluies. Si avés de reste de niveau, c'est à dire, si pouvés prendre l'eau tant hautement qu'il vous plaira, et que le lieu soit rocher, pourveoirés à ceci dès le commencement: car il ne faut que creuser la prinse de l'eau dès le rocher pour la faire de perpétuelle durée: où parti de là, n'y aura autre chose à réparer, que d'en oster le gravier et terrain qui en bouchent l'entrée, quand les eaux s'engrossissent par les pluies. Et encores que pour sa durté, le rocher couste beaucoup à tailler, si est-ce que le non-refaire rendra l'œuvre à bon marché: et causera davantage grand repos, n'estant à tous coups en pensement d'y remettre la main; comme il avient à toutes autres prinses d'eau, ausquelles y a tous-jours de la besongne, et souventes-fois, est-on contraint à les réédifier de nouveau.
S'il escheoit que pour la bassesse du lieu, il falle hausser la prinse, afin de rarnonter l'eau la jettant dans le canal, la chose se fera à profit, pourveu que le fonds soit rocher: dans lequel fourrera-on droictement des gros bois, qui portans des pièces traversantes, front la prinse de l'eau. Telle prinse durera longuement, non plus toutes-fois que le requiert la qualité de la matière, qui sujette à pourriture, à la longue se consume: et quelques-fois ne pouvant souffrir l'impétuosité des eaux, par icelles est le tout renversé.
Moins encores durent les prinses d'eau, quand, par faute de rocher, ne peuvent estre fondées que sur le sablon, ou gra¬vois, où l'on fourre des pilotis, y entre¬lardant des pièces traversantes attachées avec crampons de fer et grosses chevilles, car par l'insolidité du fondement, et violence des eaux, l'artifice se déserte dans quelque temps.
D'autres, avec moins de mystère, oeuvrent en cest endroit, ne se servans que de la pierre, dont ils composent leurs prinses en l'eau, avec un peu de terre qu'ils y adjoustent au-dessus: mais c'est parla faveur du lieu, qui continuellement leur fournit nouvelle matière. Et si bien telles prinses ne coustent guières, aussi leur durée est très-petite, se ruinans presques du tout à chaque fois que les eaux s'en-grossissent. Ainsi void-on qu'il n'y a que le seul rocher, qui résiste contre ic temps et les eaux, pour estre de durée requise.
Quant au canal, il est certain que le taillé dans le rocher, surpasse tous autres, et pour la durée, et pour la conservation de l'eau, la gardant de se perdre en chemin: mais cela n'est à souhaitter pour la longueur de l'ouvrage, causant trop grande despence en sa fabrique. Par-quoi, suffira de le faire passer en terre solide , plustost argilleuse que sablonneuse, ceste-là ne consumant tant d'eau que ceste-ci. Et pourveu que le canal soit de bonne profondeur, ne doublés de son service : à la charge aussi, d'estre tenu net, sans souffrir que par négligence il se comble, comme à la longue de soi-mesme il feroit, si quelques-lois l'année, il n'estoit curé. Avenant qu'en chemin se rencontrent des vallons et enfoncemens par où passent des torrens: afin que leurs eaux ne desrompent vostre canal, ou le comblent, quand avec violence elles descendent des montaignes emportans de la terre, faudra, remédiant à tels maux, bastir des ponts de maçonnerie à travers iceux vallons, pourporter vostre eau claire et nette : passant cependant dessous les ponts, celle des torrens. Ou au contraire, si mieux l'aimés, le lieu s'y accommodant, ferés des ponts à travers vostre canal, pour recevoir l'eau des torrens et la rejetter en hors : ainsi sans destourbier vostre eau fera son chemin. Si pour quelque graisse que les eaux des torrens pourront charrier en temps de pluie elles se rendent recommendables, comme cela avient passans par quelques bons labourages, ne mesnagerés que bien, de les profiter en les assemblans avec celle de vostre canal. Mais en ceci irés retenu, afin de leur donner entrée dans vostre canal, avec ce jusques-où, qu'elles n'y puissent nuire ne rien dégaster.

(Olivier de Serres, Théâtre d'agriculture et mesnage des champs  - Chapitre II
Les grosses Fontaines. Ruisseaux et Rivières, ou Eaux sus-terraines et manjfestes, et leur conduicte par canaux ouverts 1600 )
L'Hermenault - L'organisation de l'eau 

L'Hermenault -Le canal
L'Hermenault - Le moulin et une sorte de piscine circulaire bizarre servant également de pédiluve
L'Hermenault - La peupleraie le long du canal 
L'Hermenault - Le logis, la tour médiévale, les terrasses et le mur du jardin clos
L'Hermenault - Détail du mur
L'Hermenault - Les Platanes
Après le domaine des Riceys-le-Bas, je visite maintenant le domaine de L'Hermenault... Je vis dangereusement ... mon coeur fragile ne peut supporter autant d'émotion en si peu de temps  ...
L'Hermenault c'est toute la poésie d'Olivier de Serre, c'est du vieux français, de la technique ancienne... Je vais vous épargner les superlatifs ... Le domaine de L'Hermenault est un haut lieu de culture, il fait partie de ces grands jardins, de ces vielles organisations économiques où l'homme aménageait le territoire pour survivre, mieux vivre ... 
La loi sur la continuité écologique des cours d'eau menace l'organisation hydraulique de L'Hermenault ... Cette loi promulguée pour mieux vivre est une très bonne loi. Je suis pour cette loi ... Mais de temps en temps, son application me rend perplexe  ...  Pourquoi est-il urgent de s'attaquer à ces organisations en place depuis plusieurs siècles ???  Le nombre d'ouvrage à effacer en France pour assurer la continuité écologique des cours d'eau est estimé à 60 000 ... Peut être ne suis-je qu'un has been défenseur du patrimoine mais je doute très sérieusement que de conserver les quelques centaines ouvrages hydrauliques témoignant de l'histoire des hommes soit contraire ou néfaste à l'application de cette loi ... A moins que ce mieux vivre ne concerne plus l'homme et sa culture ... Possible ...

lundi 9 février 2015

Noisiel ...

Les moments les moins troublés de mon existence sont ceux que j'ai passés à Noisiel, chez cette femme dont les paroles et les sentiments n'entraient dans votre âme que pour y ramener la sérénité. Je les rappelle avec regret ces moments écoulés sous les grands marronniers de Noisiel! L'esprit apaisé, le cœur convalescent, je regardais les ruines de l'abbaye de Chelles, les petites lumières des barques arrêtées parmi les saules de la Marne.
Le souvenir de madame de Lévis est pour moi celui d'une silencieuse soirée d'automne. Elle a passé en peu d'heures ; elle s'est mêlée à la mort comme à la source de tout repos. Je l'ai vue descendre sans bruit dans son tombeau au cimetière du Père-Lachaise; elle est placée au-dessus de M. de Fontanes, et celui-ci dort auprès de son fils Saint-Marcellin, tué en duel. C'est ainsi qu'en m'inclinant au monument de madame de Lévis, je suis venu me heurter à deux autres sépulcres; l'homme ne peut éveiller une douleur sans en réveiller une autre : pendant la nuit, les diverses fleurs qui ne s'ouvrent qu'à l'ombre s'épanouissent.
(François René Chateaubrian, Mémoires d'outre-tombe, 1849)


Carte Etat Major 1819 - Champs et Noisiel ( en brun la limite historique de séparation)


Plan cadastre 1825 par Bussery, géomètre - Champs et Noisiel 

Compagnie Aerienne française (CAF)  vue de l'usine Menier, le chateau et le parc de Noisiel, 1923


Compagnie Aérienne française (CAF)  vue de l'usine Menier, le château et le parc de Noisiel, 1923. Certes la photo est belle et le site intéressant ... Le jardin en revanche est un un peu convenu...
1929 - Compagnie Aérienne française (CAF) vue du château et du parc de Champs fraichement restauré par les Duchêne. Au loin le château de Noisiel. L'ensemble correspondant à l'ancienne emprise du domaine du Duc de Levis ... 180 hectares. Le carré entouré d'arbres au premier plan est l'ancienne garenne du domaine de Champs

Le parc et le château de Noisiel par G de Pontalba (lithographie)
C'est sûr ... à force de chercher sur Champs on tombe sur Noisiel ... Le problème est que je n'ai absolument rien à vous raconter sur Noisiel ... Je trouvais ces photographies aériennes magnifiques et comme je suis un type franchement sympa, j'ai voulu partager avec vous ... une fois de plus ... pour vous sortir de l'ignorance. 
Si vraiment vous souhaitez approfondir vos connaissances sur ce lieu, vous lirez l'article de Marc Valentin dans l'ouvrage "Le temps des jardins" de Florence Colette -1992.

Sur la carte d'Etat Major de 1819, Champs est entièrement agri-cultivé ... Champs a subi la Révolution de plein fouet. (Mais moins que la pauvre propriétaire Henriette Françoise de Marbeuf condamnée pour trahison par Antoine Fouquier-Tinville. Elle aurait désiré l'arrivée des Prussiens en France ce qui n'est jamais bien vu dans notre pays. Elle sera finalement guillotinée en 1794 ) Je reprends ... Champs est devenu bien national...  Le très grand jardin du très illustre Claude Desgot réduit à une simple terre de labour, à une campagne, à n'être qu'une deuxième nature ... voire une annexe de Noisiel et de ses marronniers apaisant les esprits ...  Bref !!! la période insupportable où le parc de Champs a probablement failli disparaitre ... !!! ... 



samedi 7 février 2015

Week end Buxus farewell ...



ANNONCE : 

Maladies des buis
Afin de faire le point sur les problèmes sanitaires du buis, sur l’avancée des recherches, sur les réglementations et sur d’éventuelles méthodes de gestion et/ou de remplacement, Vaux le Vicomte en partenariat avec Plante et Cité organisent le mercredi 4 mars 2015 une journée d’étude.

Informations et inscriptions grâce à ce lien : http://www.vaux-le-vicomte.com/journee-detude-buis/

Moi j'y vais ... 

jeudi 5 février 2015

A l'ombre des jardins ...

Ils sont loin mes débuts ou , manquant de pratique
Sur des femmes de flics je mis mon dévolu
Je n'étais pas encore ouvert à l'esthétique
Cette faute de goût je ne la commets plus.
(Georges Brassens, A l'Ombre Des Maris, 1972)

Le château Des Riceys-le-Bas et la cascade
Le parterre
L'alignement de platanes
Des traces de composition (Platanes et alignement)
Le bout du canal et son exutoire
Un autre canal et son exutoire en rocher 
Un rocher ... je me suis demandé si ce n'était pas un ancien pilier de portail
Ouverture du potager sur le canal ... comme un saut de loup mais en eau
(Le petit muret est un ajout tardif)
Ceux qui me connaissent savent, en regardant ces photographies, que j'ai passé une bonne journée ... 
Je passe ma vie dans les jardins des autres, un peu à la manière de Georges Brassens dans la chanson susnommée ... A l'ombre des jardins mais cela va sans dire, pas n'importe lesquels, je les trie, les choisis ... et celui là, situé dans l'Aube a des atouts qui ne me laissent pas indifférent ... Du coup je fantasme, loin sous ces couches du temps passé, je sens remonter un jardin Anglo-chinois ...  Cascade, rochers, haha, alignement serré à faire pâlir ceux de Courances, eau, rivière, canaux, potager axé et ouvert  sur un canal et pour finir un parterre bien curieux, à se demander s'il ne sort pas d'une BD d' Edgar P. Jacobs ... Ici le jardiné se mélange à l'économie au sauvage ...

Bref !!! du grand art et je n' ai pas tout compris ... ça tombe bien,  je n'aime pas les jardins faciles ... 

lundi 2 février 2015

C'est quoi un vide ? ...

Monsieur le Comte,
J'ai vu sur les journaux, que peut-être, vous feriez don à l'Etat du Domaine de Champs. je ne sais si cette nouvelle est exacte ? Dans le cas l'affirmative, je vous serais reconnaissant de vouloir bien mentionner à l'Etat que j'ai toujours eu cette œuvre à cœur, que j'en ai fait toute les études sous la direction de mon père et que je serais heureux, d'une façon toute désintéressée, de me faire nommer Architecte des jardins de Champs, afin que l'on apporte aucune modification, comme cela se fait souvent après les donations, sans que j'ai pu me rendre compte si c'est bien conforme à l'esprit de l'époque. 
J'ai été pendant deux ans l'Architecte du Domaine de Chambord, avant que l'Etat reprenne celui-ci au Prince Sixte de Bourbon Parme, où je m'occupais du château et des jardins dont j'avais préparé un plan de reconstitution. 
Veuillez agréer, Monsieur le Comte, avec tous mes remerciements, l'expression de mes sentiments bien dévoués.
 

(Achille Duchêne, Courrier à Charles Cahen d'Anvers, le 3 décembre 1934)

Vue à vol d'oiseau du domaine de Chambord, projet de reconstitution à l'échelle du territoire
D'après Achille Duchêne - Les jardins de l'avenir - Hier, aujourd'hui, demain - 1935
Achille Duchêne - Chambord - Projet de reconstitution des parterres - Musée des Arts Décoratifs

Ce courrier d'Achille Duchêne à Charles Cahen d'Anvers propriétaire et donateur du domaine de Champs-sur-Marne me touche beaucoup ... L'Etat lui fera une réponse vague et finalement Achille Duchêne ne sera pas nommé ... 
Mais pourquoi précise t'il qu'il a été  "l'Architecte du Domaine de Chambord, avant que l'Etat reprenne celui-ci au Prince Sixte de Bourbon Parme, où je m'occupais du château et des jardins dont j'avais préparé un plan de reconstitution" ? ... Il craint qu'on mette ses compétences en doute ... ? Ou bien doute t'il des compétences de l'Etat pour intervenir sur un tel domaine ? Possible ... Je ne sais pas vraiment.
Dans ce courrier Achille reconnaît à son père la paternité du projet de Champs et qu'il en a (seulement) réalisé les études ... grosso modo "Papa a signé mais j'ai fait tout le travail" et je pense qu'il dit vrai ... Henri n'était pas en forme à l'époque (mais j'y reviendrai dans quelques temps)

Ce projet de reconstitution de Chambord ne sera jamais réalisé ... Il nous reste deux très beaux dessins de l'Agence Duchêne qui révèlent tout le génie d'Achille et de son style épuré.

Je passerai sur le dessin des parterres ... il ne se casse pas la tête et reprend ses dessins fétiches "Renaissance" qu'il a déjà utilisés ou utilisera à Avrilly, Fontaine ou Rosambo... Duchêne est un créateur et non un restitutioniste ... Cette liberté vis à vis de l'histoire lui permet d'agrandir le canal (à droite sur le dessin) et d'interpréter un style Renaissance sur une assise du XVIIIème siècle  (la plate forme pas le Château) 

Achille Duchêne structure l'espace par le vide (en bleu)
Explications à vol d'oiseau : Vous noterez aussi le rapport entre le sauvage et le jardiné (ou le peigné si vous êtes puriste)
Que faut il remarquer dans ce projet ? ... Achille Duchêne structure le jardin par le vide.
En projetant la disparition des alignements (traits verts)... il libère l'espace pour débarrasser la façade de toute altération. Ce vide efface un trait d'union végétal  entre le quinconce et le château.
En éloignant le quinconce, il  règle ainsi le problème d'échelle produit par l'imposante façade... Enfin ... et c'est là je pense l'objectif principal de cette mise en scène,   il replace le château non pas à l'échelle d'un jardin mais à l'échelle d'un territoire de 5000 hectares ...
Bref !!! Du grand art ... 

Explications sous un autre angle de vue
 Et pour les non-initiés ... 

Louis Poisson carte murale du château et de la forêt de Chambord 16e siècle
La rivière Cosson n'est pas encore canalisée
 Pierre Denis Martin : Vue du château de Chambord vers 1722, du côté du parc
 Jacque Rigaud ; Vue du château de Chambord prise depuis les parterres vers 1740
Il est toujours très utiles d'effectuer une analyse critique des sources ... Notez ici (en comparant avec la photo ci-après) comment Rigaud écarte les alignements pour mettre en valeur la façade du château
G. Cousin - Chambord avant 1919 avec les deux alignements.
Google Earth 3D : Vue Chambord aujourd'hui






samedi 17 janvier 2015

Cylindrocladium buxicola, Volutella buxi, Cydalima perspectalis et autres saloperies ...

L'hiver ne commença à se faire sentir que le cinq du mois de janvier 1709. Cependant la gelée fut si grande aussi bien que le verglas, qui furent causés par quatre faux dégels, que des chênes et autres arbres se fendirent dans les forêts, et que quantité d'autres avaient tout le corps mort du côté du soleil dans les campagnes des grands Arbres, comme des poiriers, des pommiers, des noyers, des châtaigniers et autres, furent entièrement perdus, et gelés par la racine : les arbres des jardins furent gelés. Je fus obligé de couper par le pied tous mes pêchers, quoiqu'âgés de treize ans, ce que l'on ne fait presque jamais : je m'en suis trouvé si bien, que depuis ce temps-là je le fais encore quand je vois des arbres qui en ont besoin. J'ai remarqué qu'il n'y a rien à risquer, quand leur pied est bon, ils repoussent à merveille.À l'égard des autres arbres, j'ai remarqué que les branches étaient gelées par le haut, et que la gelée descendait dans le bois tous les jours de plus de six pouces : je ne lui donnai pas le temps de descendre jusqu'au pied, je coupai tous mes arbres au-dessous de la gelée, ce qui l'arrêta. Par là je les sauvai tous, à la réserve de quelques-uns qui furent gelés par la racine, mais en petit nombre.Les blés furent tous gelés dans les campagnes, en sorte que les laboureurs vendaient le blé dans les marchés depuis soixante jusqu'à soixante et quinze livres le septier. C'était une désolation générale : on voyait une infinité de pauvres qui mouraient de faim, et qui n'avaient plus la force de parler : ils ramassaient toutes sortes d'herbes dans les champs, et ils les faisaient cuire dans de l'eau pour les manger; et je puis assurer que j'en ai vu de couchés par terre qui paissaient l'herbe comme les bêtes. Dieu nous préserve d'un pareil hiver; mais si jamais il arrivait une gelée aussi violente, jevous conseil de pratiquer ce que je vous marque avoir fait. Ce sont des épreuves bien certaines, et dont je me suis bien trouvé.Dieu inspira aux habitants de la campagne de semer de l'orge et même dans des terres où l'on n'en avait jamais semé: elle vint avec tant d'abondance que cela rendit la vie à tout le peuple. Ce qui tient du prodige, c'est que plus on semait claire et plus on en recueillait : j'en ai vu semer le vingt-deux juillet, elle vint la plus belle du monde, en quantité.
(Saussay, Traité des jardins, Réflexions sur le désordre arrivé pendant l'hiver de l'année 1709, 1722)

Trois exemples de parterres possibles à l'Hôtel Heron(Auvergne) 


Evolution du parterre du parc de Sceaux ( je pense que ce n'est pas terminé)

Chez mon amie Michèle Quentin, les buis décimés par la Pyrale sont remplacés par des Carex créant ainsi un nouveau parterre

Vaux le Vicomte les parterres d'Henri et Achille Duchêne avec et sans broderie de buis

Les parterres de buis des plus fameux jardins du monde (rien que ça !) sont menacés par le Cylindrocladium buxicolale Volutella buxi et dans une moindre mesure par le Cydalima perspectalis, plus connu sous le nom de la Pyrale du buis. Ces maladies incurables pour l'instant créent un grand désarroi chez les propriétaires, les jardiniers et les amateurs de jardins. Ces maladies font suite à deux grandes maladies qui perturbent encore les jardins et aménagements verts : la graphiose de l'Orme (Graphium ulmi) a décimé la quasi totalité des ormes du territoire et le chancre coloré du platane (Ceratocystis platani) n'a pas encore dit son dernier mot et devrait logiquement et sans état d'âme coloniser le territoire européen... bref !! toutes ces maladies mortelles ... c'est grave ... Grave pour la botanique,  pour la biodiversité, c'est un choc affectif pour le propriétaire et le jardinier qui doivent se résigner à se séparer d'un arbre, d'un alignement, d'une broderie. Enfin c'est une problématique financière importante pour certains jardins.



Mais ... ce n'est pas aussi grave qu'on veut bien le dire pour les jardins ... 



En avant propos, moi qui ai connu des catastrophes hortésiennes, je préciserai pour éviter tout malentendu, que cette histoire de maladie qui entraîne la fin de certains parterres de buis me rend bien évidemment très très triste ... 



Revenons à notre exemple du buis et pourquoi ce n'est pas aussi grave que ça pour les jardins ... 

En dehors de la panique affective et financière, que se passe t'il en ce moment ? Déjà ... il y une confusion entre les champignons (Cylindrocladium buxicola, Volutella buxi) et la bestiole (Pyrale du buis). S'il existe un espoir de traitement efficace pour la pyrale, il est temps d'accepter le fait qu'il n'y aura aucun traitement pour les champignons et que la solution, comme pour l'orme ou le platane, est la recherche et la découverte d'un clone résistant ... processus qui, comme chacun sait, prend des décennies avant d'obtenir un premier résultat.

De quels buis parlons nous ? Dans les jardins, il y a deux sortes de buis : ceux qui servent à dessiner des broderies et les autres ... ces autres sont conduits en haies, en palissades, en topiaires ou ont un port libre ... Ici le débat est inutile, ces buis peuvent être remplacés par absolument n'importe quoi d’autre ... de l'if au pittosporum et passant par le charme, le Ficus benjamina voire le Phytolaca dioïca ...
Pour les buis de bordure c'est une autre affaire ... Alors, on se creuse les méninges, on épluche les catalogues afin de dénicher enfin la plante présentant les mêmes caractéristiques que le buis (Ilex crenata, Lonicera nitida etc). Les historiens en herbe viennent à la rescousse en nous rappelant qu'avant le buis, les bordures étaient composées d'Hysopes, de thyms etc. bref !!! on cherche des plantes à petites feuilles qui supportent la tonte, tout comme le buis. C'est une grosse bêtise esthétique et financière. Esthétique parce que nous sommes dans l'imitation (c'est un peu une redite du remplacement de  l'Orme par le Tilleul). Financière parce que je vous assure qu'une broderie de Lonicera deviendra vite ennuyeuse et insupportable à la vue et qu'il faudra encore une fois tout raser.
Cette démarche emprunte la route qui mène à la mauvaise porte d'entrée du jardin. On cherche une solution par le végétal et non par le Projet ... (avec un P majuscule)
Comme j’essaie laborieusement de le démontrer dans ce blog, il faut aborder le jardin autrement que par le végétal ...  
S'il y a un jardinier que j'aime, c'est bien celui du 19e siècle ... jamais il ne se serait posé cette question "par quelle plante remplacer suite à ... " il préférait plutôt se demander "de quelle manière vais-je faire évoluer mon jardin suite à .... " Il sait que toutes les réponses sont dans le projet,... Rappelez vous l'anecdote entre Louis-Martin Berthault et l'Empereur Napoléon 1er ce dernier souhaitant un jardin frais et régulier à Compiègne, Berthault lui répond (approximativement) " Pour avoir de la fraicheur dans un jardin régulier, il faut de l'eau ... je n'ai pas d'eau, dès lors je ne peux que vous faire un jardin paysager produisant de l'ombre". Le jardin régulier devient une impasse, la réponse ne peut être technique, apporter de l'eau à Compiègne aurait été ruineux, comme il est ruineux et inutile de replanter des buis sains dans un sol infesté par ces champignons. 
Le jardin du Palais Borromée à Isola Madre sur le lac Majeur ne se réduisait pas au fameux Cyprès du Cachemire pourtant considéré comme le plus bel arbre du monde et malheureusement terrassé par un coup de vent. Un jardin ne se réduit pas à quelques arbres centenaires ...Un jardin ne se résume pas à un parterre aussi beau soit t-il ... Prenez Champs-sur-Marne, Breteuil, Courances ou Vaux le Vicomte, si l'on supprime les buis du parterre et que l'on fasse un gazon (ce qui n'est pas la meilleure solution) à la place, le parc reste le même - beau, grandiose, composé, structuré, puissant, émouvant etc. ... Penser que le jardin est foutu à cause de quelques buis malades c'est ignorer ce qui en fait la beauté, c'est réduire le jardin à des détails ... Bien sur c'est traumatisant, on perd quelque chose, on pleure et il faut du courage, de la patience ... Il ne faut pas céder à l'appauvrissement en abandonnant ces parterres, il faut se rappeler que le parterre est une écriture du moment. Alors, il faut redessiner, recomposer réinventer ces parterres, ne pas se réduire à moins d'une dizaine de végétaux et s'intéresser aux centaines de milliers qui peuplent la planète ... Avec de la chance (qui généralement sourit aux audacieux) et du génie nous en profiterons pour réduire les coûts de gestion et nous soulagerons nos vieilles colonnes vertébrales ...  Mais surtout, nous réveillerons et nous sublimerons enfin nos parterres endormis. 



Vue des parterre de Sceaux au 19e siècle

Parterres du Château de Talmay ... Pourquoi faire plus ?